Batteries au sodium : un grand gain d’efficacité

Moins chères et reposant sur des matières premières abondantes, les batteries au sodium sont depuis longtemps considérées comme une alternative crédible au lithium. Un problème majeur freinait toutefois leur déploiement : une faible efficacité lors de la première charge. Des chercheurs berlinois annoncent désormais une avancée qui rapproche cette technologie de la maturité industrielle.


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Batteries au sodium : un grand gain d’efficacité

Dans un contexte de transition énergétique, les batteries au sodium suscitent un intérêt croissant, en particulier pour le stockage stationnaire. Le sodium est largement disponible, peu coûteux et réduit la dépendance à des chaînes d’approvisionnement critiques. Pour la Suisse, fortement intégrée aux réseaux électriques européens, cette technologie représente une option stratégique pour le stockage à grande échelle.

Jusqu’à présent, leur adoption restait limitée par une efficacité initiale très faible : lors de la première charge, une part importante de la capacité était perdue de manière irréversible. L’équipe de la Bundesanstalt für Materialforschung und -prüfung (BAM) affirme avoir levé cet obstacle grâce à une nouvelle architecture dite « cœur-coquille ». Celle-ci protège le matériau de stockage tout en laissant passer les ions sodium essentiels.

Sur le plan technique, l’innovation repose sur une fine couche de carbone actif, un matériau bon marché et respectueux de l’environnement. L’enjeu principal n’est toutefois pas technologique, mais économique : en séparant les fonctions de stockage et de protection, il devient possible d’optimiser rendement et coûts simultanément. Un pas décisif vers une exploitation commerciale.

Mais il existe un fossé entre le succès en laboratoire et la maturité commerciale, et la concurrence n'attend pas. Au niveau international, la course est déjà lancée. Dans plusieurs pays, de véritables batteries au sodium sont déjà installées. En Chine, par exemple, un système de stockage au sodium d'une puissance de 50 MW et d'une capacité de 100 MWh est en service depuis mi-2024. La start-up américaine Peak Energy a également conclu en novembre 2025 un contrat de fourniture de 4,75 GWh pour un montant de plus de 500 millions de dollars américains. Quatre mois se sont écoulés entre le premier raccordement au réseau et la commande importante.


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